Traitement de l'information visuelle périphérique lors d'une adaptation saccadique en présence d'un scotome central chez les personnes âgées saines et ayant une dégénérescence maculaire liée à l'âge

 

Anne-Sophie Laurin

Université de Montréal

 

Domaine : neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme Formation de maitrise

Concours 2019-2020

Partenaire:

Fondation Antoine-Turmel

La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) compte parmi les principales causes de perte de vision et est grandement handicapante: elle entraîne habituellement une perte de la vision centrale, ne laissant intacte que la vision périphérique. Jusqu'à présent, il n'existe aucun traitement contre la maladie et les patients doivent donc s'y adapter en utilisant un point de fixation attentionnel en périphérie, une habitude extrêmement difficile à implanter qui peut demander des années de travail. Pourtant, les systèmes des mouvements oculaires et de l'attention, énormément sollicités dans la vision, sont reconnus pour être particulièrement plastiques et rapides à entraîner. Les patients ayant la DMLA pourraient grandement bénéficier d'un déplacement efficace de leur attention en périphérie, notamment en effectuant des mouvements oculaires adaptés à leur perte de vision. Par ailleurs, il est possible d'entraîner nos saccades oculaires automatiques (mouvements brefs et rapides des yeux) à se modifier: c'est l'adaptation saccadique. Celle-ci semble prometteuse, car elle a l'avantage d'entraîner des changements en une période extrêmement courte, tout en ayant des effets qui se maintiennent à long terme.

À ce jour, nous ignorons s'il est possible, en l'absence de vision centrale, d'augmenter l'efficacité du traitement visuel par l'adaptation saccadique. C'est ce que la présente étude tentera de déterminer, en combinant l'entraînement de la modification des saccades et une tâche de discrimination visuelle en périphérie (qui sollicite l'attention) en l'absence de vision centrale. Des personnes âgées saines, pour lesquelles la perte de vision centrale sera simulée, et des personnes ayant la DMLA participeront au programme d'entraînement. Si des changements positifs s'observent, cette étude permettra d'établir des programmes d'intervention efficaces pour améliorer le traitement visuel chez les patients ayant la DMLA, ce qui aurait un impact majeur sur leur fonctionnement quotidien et leur qualité de vie.