La neurobiologie de l'addiction aux drogues psychostimulantes

 

Anne-Noël Samaha

Université de Montréal

 

Domaine : neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme Chercheurs-boursiers - Senior

Concours 2018-2019

La toxicomanie est un trouble neuropsychiatrique prévalent, causant 12% des décès dans le monde. Au Canada, la toxicomanie coûte 40 milliards de dollars par année, soit le double des coûts associées au cancer. Actuellement il n'y a pas de médicaments approuvés pour traiter l'addiction aux drogues psychostimulantes telles la cocaïne et les amphétamines. Comprendre les changements dans le cerveau impliqués dans les différents stades de la toxicomanie est essentiel à l'élaboration de tels médicaments. Mon objectif est d'identifier ces changements. À cette fin, nous combinons des modèles animaux de consommation de drogues psychostimulantes à des techniques qui permettent de visualiser et de manipuler l'activité neuronale.

Nous étudions les contributions d'une région cérébrale, l'aire tegmentaire ventrale, dans les stades initiaux de la consommation de drogue. Avec ses projections dans le système limbique, l'aire tegmentaire ventrale régule les effets récompensants des drogues. Nous étudions aussi le rôle du circuit formé par le cortex orbitofrontal et le striatum dorsal dans la consommation compulsive de drogues, caractéristique des stades avancés de la toxicomanie. Le cortex orbitofrontal attribue une valeur à la drogue et envoie cette information au striatum pour guider le comportement. Enfin, la toxicomanie implique des changements dans les effets des drogues, mais aussi dans les effets des signaux environnementaux annonçant l'accès aux drogues (e.g., la vue d'un bar ou d'une seringue). Nous étudions le rôle de l'amygdale basolatérale dans la réponse à ces signaux. L'amygdale basolatérale encode l'association entre les signaux environnementaux et les récompenses. Cette information est ensuite relayée à d'autres régions du cerveau pour influencer les comportements de poursuite de récompenses.

Par cette approche intégrée, ce programme produira des données uniques liant les différents stades du processus d'addiction à des changements fonctionnels dans un ensemble de régions cérébrales. Ces nouvelles connaissances pourraient contribuer à l'élaboration de nouveaux médicaments anti-addiction.