Impact immunologique de la restriction diététique en méthionine sur des modèles précliniques de neuroinflammation

 

Victoria Hannah Mamane

Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal

 

Domaine : neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme Formation de maitrise

Concours 2019-2020

Partenaire:

Société canadienne de la sclérose en plaques

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie neuroinflammatoire et auto-immune, caractérisée par des sites de lésions multifocaux localisés dans le système nerveux central (SNC). Ces lésions sont causées par des cellules immunitaires qui envahissent le cerveau et la moelle épinière, incluant des sous-types de globules blancs appelés TH1 et TH17, considérés pathogéniques dans la SEP et son modèle animal, l'encéphalomyélite auto-immune expérimentale (EAE). Au niveau clinique, la SEP se présente sous une forme cyclique, la plus courante, et une forme primaire progressive. La cause exacte de la SEP est encore inconnue mais des facteurs environnementaux jouant un rôle important dans l'apparition et l'évolution de la maladie ont été identifiés. L'obésité et une consommation élevée de viande ont récemment été déterminés comme des facteurs de risque de SEP. De plus, les comorbidités cardiovasculaires liées au vieillissement sont associées à une plus grave évolution de la maladie. La méthionine est un acide aminé essentiel impliqué dans la synthèse des protéines et l'expression des gènes. Une consommation réduite en méthionine mime les bénéfices de la restriction calorique, et est considérée comme une intervention anti-âge et anti-obésité.

Nos résultats préliminaires montrent que limiter la méthionine dans l'alimentation diminue les cellules immunitaires inflammatoires et retarde l'apparition de l'EAE. Nous supposons que la restriction diététique en méthionine (RM) représente une nouvelle avenue thérapeutique pour contrôler les maladies neuroinflammatoires comme la SEP. Nous proposons d'étudier l'impact de la RM sur la distribution et l'activation des cellules immunitaires, ainsi que sur la formation de lésions dans le SNC, dans le modèle animal le plus courant de SEP, l'EAE. Nous proposons également d'étudier son potentiel préventif dans un modèle unique où des mâles et femelles génétiquement prédisposés présentent un risque et une évolution de la maladie différents, imitant les différences observées chez l'humain.