Des sous-vêtements connectés pour remédier à l'incontinence urinaire : vivre en dignité et en autonomie

 

Recherche intersectorielle - Programme Audace

Concours 2020-2021

 

Composition de l'équipe :

Neila Mezghani,  (TÉLUQ - Université du Québec),  Responsable

Naeem Bhojani,  (Université de Montréal),  Co-chercheur

Jacques A. de Guise,  (École de technologie supérieure),  Co-chercheur

Chantal Dumoulin,  (Université de Montréal),  Co-chercheuse

Leila El Kamel,  (TÉLUQ - Université du Québec),  Co-chercheuse

Payam Lazemi,  (Cégep Marie-Victorin),  Co-chercheur

Marie-Pascal Annie Pomey,  (Université de Montréal),  Co-chercheuse

Évelyne Vallières,  (TÉLUQ - Université du Québec),  Co-chercheuse

 

Domaine : Services de santé

Secteurs de la recherche : Sciences naturelles et génie; Arts et lettres; Sciences humaines et sociales; Sciences de la santé

L'incontinence urinaire (IU), une problématique médicale et sociale stigmatisante, se définit comme toute perte involontaire d'urine. Cette maladie touche environ 3,3 millions de personnes, soit près de 10 % de la population canadienne. L'IU a de nombreux impacts négatifs sur la qualité de vie des personnes incontinentes et sur celle de leurs aidants également. En effet, en cas de non-détection, l'IU peut entrainer entre autres des éruptions cutanées, des plaies et des infections urinaires surtout chez les personnes âgées ayant une mobilité réduite. Précisons que selon une étude réalisée par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, 10 à 30 % des personnes âgées vivant à domicile souffrent d'IU et que 50 à 60 % des personnes hébergées en soins de longue durée en souffrent aussi. À ceci s'ajoutent la honte, le stress, l'isolement et l'exclusion des activités physiques et sociales quotidiennes dues à la peur d'avoir des incidents en public ou en privé. Ainsi, l'estime de soi, la dignité et l'autonomie de personnes sujettes à l'UI sont grandement affectées. De plus, pour les aidants familiaux et le personnel hospitalier, il s'agit d'une difficulté supplémentaire à gérer quotidiennement qui peut mener même à l'épuisement.

L'objectif de ce projet de recherche repose sur la mise en commun de différentes expertises afin de développer et concevoir une modalité innovante pour prévenir/remédier à l'IU et offrir plus de dignité et d'autonomie aux personnes qui en souffrent et à leurs aidants. Concrètement, nous proposons l'utilisation des progrès importants du design d'habillement, des sciences des matériaux et de l'intelligence artificielle afin de développer des sous-vêtements connectés qui permettent de prévenir l'IU et aussi sa détection, le cas échéant. Nous veillerons sur l'acceptabilité de cette nouvelle modalité par les personnes concernées et par leurs aidants afin qu'elle réponde à leurs besoins aussi bien physiques que psychologiques et qu'elle puisse être appropriée rapidement.

Les retombées anticipées sont majeures : (1) sur le plan social la conception du sous-vêtement connecté aura un impact important sur l'autonomie des personnes incontinentes. En effet, les activités à l'extérieur sont souvent réduites à cause des fuites urinaires. Le système de prévention d'IU permettra d'encourager ces personnes à maintenir leurs activités au quotidien en les avertissant au bon moment lorsque leur vessie commence à se remplir. Ceci diminuera ainsi l'anxiété de survenue d'accidents en public.

Sur le plan économique, l'incontinence est dispendieuse pour les individus, les employeurs et le système de soins de santé. En effet, le sondage « The Canadian Urinary Bladder Survey (CUBS 2003) » a démontré que 21,8 % des Canadiens de 18 ans et plus ont des problèmes de vessie, avec un coût pour les Canadiens de 1,5 milliard par année. Le système de prévention de l'IU permettra de réduire une partie de ces coûts élevés.

Finalement d'un point de vue scientifique, les connaissances et les nouveaux savoirs issus de ce projet permettront d'envisager plusieurs extensions des sous-vêtements développés qui offriront à une population « vieillissante » l'opportunité de rester active, mobile et en santé.

Appel de propositions