Appel à propositions: réseau de recherche sur la gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques



May 17th, 2018

Dans le cadre des Règles générales communes.

L'appel de propositions sur la création d'un réseau sur la gestion des risques liées aux inondations dans un contexte de changements climatiques se déploie dans le cadre des Règles générales communes (RGC). Celles-ci s'appliquent à l'ensemble de la programmation des Fonds de recherche du Québec (FRQ). Seules les conditions particulières s'appliquant au présent appel sont indiquées dans ce document et prévalent sur les RGC.

1. Contexte
 

Dans le cadre de la Stratégie québécoise de recherche et d'innovation (SQRI) qui a été lancée le 12 mai 2017 par le gouvernement du Québec, des enveloppes spécifiques ont été accordées aux FRQ pour mettre en œuvre des initiatives intersectorielles en réponse aux grands défis de société. Trois grands défis ont été identifiés soit : le développement durable et la lutte aux changements climatiques, les changements démographiques et le vieillissement de la population, l'entrepreneuriat et la créativité. Comme ces grands défis sont par définition multidimensionnels et souvent transdisciplinaires, les maillages intersectoriels qui intègrent des expertises et des méthodes de recherche très distinctes mais complémentaires autour d'un objet de recherche complexe sont considérés comme une voie féconde et donc fortement encouragés.

Les inondations printanières de mai 2017 ont mis à dure épreuve les citoyens comme les autorités municipales et provinciales. Pour répondre aux besoins exprimés par les communautés affectées, il est apparu plus que jamais nécessaire de conjuguer étroitement l'action des chercheurs (et, par ricochet, l'offre de financement des FRQ en lien avec les défis de société) avec celle des ministères pour combler le déficit de connaissances et développer des solutions concrètes et innovantes. La gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques interpelle d'ailleurs les FRQ et plusieurs de leurs partenaires, notamment ministériels (ministère de la Sécurité publique (MSP), ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des Transports, ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, ministère de la Santé et des Services sociaux…).

En effet, si de nombreux projets de type sectoriel sont déjà en cours sur le sujet, dans les collèges et les universités comme dans les ministères ou les organismes publics, il semble que la recherche continue de se faire essentiellement en silos. Pour gagner en efficacité et en pertinence face à l'urgence de mieux comprendre la spécificité québécoise en matière d'inondations, les FRQ souhaitent encourager des démarches de recherche transversales susceptibles de mettre en contact des acteurs issus de différents secteurs et milieux et de leur permettre d'élaborer une vision partagée autour de cette problématique complexe. Du point de vue des sciences naturelles et du génie, une modélisation plus adéquate des zones inondables s'avère nécessaire pour mieux planifier l'aménagement du territoire, pour améliorer les services de prévision et d'alerte, pour élaborer des plans d'urgence adaptés et enfin pour explorer différentes mesures de mitigation en vue de mieux protéger les résidences et les infrastructures. Du côté des sciences humaines, le contexte actuel des inondations exige notamment de repenser les modes de gouvernance et de développement territorial, en contexte urbain comme rural, tout comme d'analyser les obstacles de l'intégration du risque aux politiques d'aménagement. Enfin, du côté des sciences sociales et de la santé, il reste beaucoup à documenter et à analyser en ce qui a trait aux impacts sur le plan communautaire, aux impacts psychosociaux, aux risques sanitaires et aux impacts sur les dépenses publiques de santé. Les initiatives intersectorielles qui intègrent des expertises et des méthodes de recherche de champs de recherche distincts mais complémentaires (géographique, biophysique, hydrologique, biologique, sociale, juridique, économique, éthique, éducationnelle, médicale…) apparaissent de ce point de vue particulièrement prometteuses.

Cette nécessité de favoriser les maillages en recherche sur le phénomène des inondations dans un contexte de changements climatiques a donc amené le scientifique en chef Rémi Quirion à orchestrer la tenue en 2017 de deux remue-méninges, l'un en mai, l'autre en novembre dans les bureaux des FRQ, rassemblant les principaux experts-clés et partenaires dans le domaine. Au cours de ces rencontres, l'objectif poursuivi était toujours le même : pointer les grands paramètres de ce que pourrait être une initiative intersectorielle structurante, menée en partenariat et susceptible d'apporter des solutions concrètes et innovantes face aux risques des inondations dont il est anticipé qu'elles seront de plus en plus fréquentes et intenses en raison des changements climatiques. Ajoutons comme élément contextuel la participation du scientifique en chef à deux autres forums pilotés par le MDDELCC (Ensemble planifions l'avenir autrement, octobre 2017) et le MSP (Inondations du printemps 2017: bilan + perspectives, décembre 2017), qui ont fait ressortir des besoins en termes de cartographie et de gestion des zones inondables, d'aménagement du territoire et de planification urbaine, de prévention, de préparation, d'intervention et de rétablissement.

Finalement, à la suite du forum de décembre 2017, qui a réuni des élus provinciaux et municipaux, des personnes sinistrées, des représentants d'instances locales et régionales, des organismes concernés par la sécurité civile ainsi que des ministères et organismes du gouvernement du Québec, un Plan d'action en matière de sécurité civile relatif aux inondations a été déposé au début mars 2018 dans le but d'améliorer la résilience de la société québécoise lors d'inondations. Ce plan d'action, qui prend assise sur les outils en place au Québec, compte 24 mesures qui permettront de relever les défis que posent les risques relatifs à l'eau. Deux mesures appellent spécifiquement des recherches en support à la cartographie des zones inondables dans un contexte de changements climatiques ou encore de nouvelles approches intersectorielles misant sur les connaissances et sur le développement de pratiques innovantes. Dans les deux cas, ils font appel à des équipes de recherche bien constituées, que ce soit le consortium Ouranos et son réseau ou encore le tout nouveau Living Lab Gouvernance de la résilience urbaine qui regroupe en mode collaboratif des gestionnaires urbains, des organisations privées, des citoyens ainsi que des chercheurs universitaires.

C'est dans ce cadre que les FRQ proposent avec le présent appel, la création d'un nouveau réseau de recherche collaboratif, interétablissement, intermilieu et intersectoriel, dont le thème d'études portera spécifiquement sur la gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques. Non seulement il permettra de fédérer les forces existantes en recherche dans ce domaine, mais il aura pour effet de pousser d'un cran les approches de recherche transversales en brisant les silos, en regroupant les domaines académiques, pratiques et gouvernementaux. Bref ce réseau de recherche tablera sur un mode collaboratif et partenarial avec des acteurs des milieux de la pratique et de la décision afin de trouver des solutions partagées, pertinentes et applicables face aux risques des inondations. En somme, pour les FRQ, il va de soi que la mise en réseau des forces vives du Québec autour de cette problématique multidimensionnelle et préoccupante permettra de consolider les actions existantes dans le domaine, de favoriser une liaison dynamique entre les chercheurs et les milieux utilisateurs de la recherche et de faire du Québec un leader mondial dans ce secteur.

2. Objectifs du Réseau de recherche sur la gestion des risques liés aux innondations dans un contexte de changements climatiques


Objectif principal

L'objectif principal du réseau de recherche qui devra être collaboratif, interétablissement, intermilieu et intersectoriel est d'apporter rapidement des réponses et des solutions concrètes, applicables et durables aux besoins exprimés par les communautés affectées par les inondations (citoyens, milieux de pratiques et de la décision, tous paliers confondus). Le réseau aura pour vocation de développer, d'intégrer et de coordonner des activités de recherche, de concertation, d'analyses stratégiques et de transfert de connaissances capables de favoriser une prise de décision éclairée et le développement d'une société résiliente aux risques d'inondation dans un contexte de changements climatiques.

Objectifs spécifiques

  • Favoriser les maillages en recherche et intensifier la recherche intersectorielle1, interétablissement et intermilieu sur la question de la gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques;
  • Mettre en œuvre une programmation intersectorielle de recherche en lien avec la gestion des risques liés aux inondations en visant l'innovation dans toutes ses formes (technologique, économique, sociale, organisationnelle, éducationnelle...) et le développement de solutions pour assurer une société résiliente aux risques d'inondation;
  • Assurer le développement, la réalisation et la diffusion des résultats de projets collaboratifs innovants favorisant une meilleure gestion des risques d'inondation dans un contexte de changements climatiques;
  • Assurer une liaison dynamique entre les chercheurs et les milieux utilisateurs de la recherche (décideurs, acteurs du terrain ou des milieux de pratique, communautés affectées par les inondations, citoyens…), de la conception des projets de recherche jusqu'à l'intégration des résultats de la recherche dans les pratiques;
  • Animer les différents milieux de recherche grâce à des activités d'analyses stratégiques, de diffusion de résultats de recherche, de partage d'expertises;
  • Participer à la formation intersectorielle de personnel hautement qualifié dans le domaine;
  • Favoriser l'obtention de financement de sources complémentaires (fonds provinciaux, fédéraux, municipaux, industries, etc.);
  • Devenir la référence pour le Québec sur la question des inondations et assurer son leadership dans le domaine.

[1]Au sens où l'entendent les FRQ, la notion d'« intersectorialité » ou de « maillage intersectoriel » renvoie à une démarche de recherche et de collaboration qui permet de réunir des chercheurs de champs disciplinaires ou de pratiques de recherche provenant d'au moins deux des trois grands secteurs couverts par les FRQ (respectivement : sciences de la santé; sciences naturelles et génie; sciences sociales et humaines, arts et lettres) sur un même objet, problème, méthode ou question de recherche, de manière à placer des enjeux de recherche communs ou partagés sous un éclairage nouveau. Dans une perspective intersectorielle, disciplines et secteurs s'engagent résolument dans une approche de recherche conjointe, co-créée, dont le mode d'opération se situe en-dehors de la hiérarchisation des champs de connaissances.

Concrètement, un maillage intersectoriel de recherche – qui ne peut se réduire à une approche simplement collaborative – prend forme dans :

  • la conception et le développement conjoints, au sein du projet ou d'une programmation de recherche, de problématiques mobilisant des questions ou des objets de recherche communs ou partagés par les représentants des différents secteurs;
  • le développement d'une méthodologie innovante, adaptée à chaque problématique et intégrant des approches de chaque secteur représenté au sein du projet ou de la programmation de recherche;
  • la composition des équipes : des chercheurs d'au moins deux secteurs doivent être présents.

3. Nature et caractéristiques du Réseau sur la gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques
 

Le réseau de recherche collaboratif, interétablissement, intermilieu et intersectoriel sur la gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques doit :

  • inclure au moins cinq (5) établissements collégiaux ou universitaires impliqués dans le domaine. Les chercheurs collégiaux et/ou universitaires qui joindront les rangs de ce réseau peuvent aussi être membres d'une infrastructure déjà financée par l'un ou l'autre des FRQ (Nature et technologies, Santé et Société et culture);
  • comporter une masse critique de chercheurs provenant d'équipes, de réseaux ou de regroupements représentant les trois secteurs des FRQ (Nature et technologies, Santé et Société et culture);
  • inclure la participation des milieux de pratique et des instances gouvernementales concernées assurant ainsi la coordination des efforts dans ce domaine et contribuant à l'évaluation de la pertinence de la recherche;
  • présenter des caractéristiques particulières qui le distinguent de tous les réseaux ou regroupements déjà existants sur ce thème. En effet, les finalités de ce réseau doivent se traduire en étroite concertation intersectorielle, interétablissement et intermilieu et par l'appui à la réalisation de projets de recherche et de transfert s'inscrivant dans plus d'un secteur (Nature et technologies, Santé et Société et culture);
  • mettre en œuvre une programmation et des initiatives intersectorielles de recherche traitant des cinq thématiques suivantes : gouvernance; transfert technologique et acquisition de connaissances; aménagement du territoire et réglementation; enjeux économiques et sociaux; impacts psycho-sociaux et santé des populations;
  • mettre en place des activités de veille ou d'analyses stratégiques et assurer le partage des infrastructures, des informations et des expertises entre les membres du réseau;
  • inclure des initiatives de partenariat et de transfert avec les communautés affectées par les inondations, des entreprises ou des instances gouvernementales en vue de maximiser l'impact des résultats de recherche en matière d'innovation sociale, environnementale, économique ainsi qu'en santé des populations;
  • s'appuyer sur un modèle de gouvernance représentatif de la diversité des institutions et des secteurs qui le constituent, transparent, souple et ouvert pour mener ses activités de recherche, de concertation, d'animation, de diffusion et de partage d'information.

Pour l'atteinte de ces objectifs, le réseau sur la gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques devra se doter d'une structure organisationnelle souple, collaborative et ouverte impliquant à la fois les chercheurs et les partenaires et qui s'inspire des structures existantes des différents réseaux québécois et canadiens.

4. Thématiques de recherche ciblées
 

Cinq thèmes de recherche ont été identifiés et devront servir de balises pour initier des projets de recherche intersectorielle.

  • Gouvernance

Le problème lié à la gestion et la prévention du risque des inondations est complexe et les solutions multiples. Celle qui est le plus souvent évoquée concerne de meilleures pratiques de gouvernance. Il existe au Québec des cadres législatifs et des outils de planification/d'action favorisant une gestion/prévention des inondations. À l'international, l'état des connaissances dans ce domaine a largement progressé ces dernières années, en matière notamment de développement de nouveaux modèles d'alerte, de protocoles d'identification et de gestion des zones inondables, etc. Malgré l'enrichissement des connaissances, les événements de 2017 ont démontré au Québec une lacune majeure : le passage de la science à la pratique. Entre cette connaissance du risque et la mise en œuvre de solutions intégratrices et durables, des obstacles persistent, entre autres, liés à la gouvernance. Les projets réalisés par le réseau de recherche sur la gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques pourraient de la sorte s'intéresser aux avenues suivantes :

  • quelles sont les raisons objectives de cette difficulté, pour les paliers décisionnels, à mettre en œuvre les outils de planification et d'action déjà développés?
  • quels freins empêchent l'adoption des meilleures pratiques en la matière?
  • comment s'articule cette planification entre les différents paliers de gouvernance?
  • en cas de crise, comment assurer une coordination efficace entre les différents paliers administratifs et acteurs concernés?
  • comment s'assurer que les actions entreprises en situation d'urgence soient pertinentes et cohérentes?
     
  • Transfert technologique et acquisition de connaissances

L'applicabilité des solutions existantes, le transfert technologique dans le domaine des inondations et des risques liés aux changements climatiques gagneraient à être interrogés. Plusieurs solutions existent et, à cet égard, il serait intéressant de répertorier l'ensemble des outils ou solutions et d'évaluer leur complémentarité. Il faut également comprendre pourquoi les solutions déjà proposées ne sont pas toujours transférées ou n'ont pas trouvé preneur. Quelles stratégies de transfert pourraient être déployées pour faire évoluer les pratiques en la matière? Comment opérationnaliser, mesurer l'efficacité de ces nécessaires opérations de transfert des outils et bonnes pratiques, puis en assurer le suivi ? S'ajoute la nécessaire documentation en continu sur les inondations en elles-mêmes (risques, prévision, variations en lien avec les changements climatiques, changements dans la fréquence, le timing, l'ampleur). Autant d'informations utiles à la prise de décision et à la conception de réponses et solutions concrètes, durables et applicables. Finalement, en matière de gestion du risque lié aux inondations, les approches comparatives sont bienvenues, les outils en matière de prévention et de gestion des inondations ayant connu un fort développement notamment en Europe. Il importe ici de s'inspirer de ce qui se fait ailleurs en termes de bonnes pratiques et d'applications, ce qui est essentiel pour guider les actions des décideurs de l'environnement, de la sécurité publique, de la santé et de l'éducation, etc.

  • Aménagement du territoire et règlementation

Le contexte actuel des inondations exige de repenser l'organisation de l'espace, en contexte urbain comme rural. Compte tenu du rôle prépondérant des municipalités dans la connaissance des risques et leur cartographie, des projets pourraient s'intéresser à la dynamique entre les municipalités régionales de comté (MRC) et les municipalités, au transfert de connaissances et à la concertation dans la planification du territoire. Des projets pourraient aussi être proposés sur la pertinence des règlements existants, leur applicabilité, leur mise en œuvre réelle, sur la prise en compte, par les modèles existants, de la spécificité des conditions hivernales telles qu'on les connaît au Québec et la bonification de nos connaissances en matière de cycle et de trajectoire du risque, etc. L'analyse du risque peut permettre de définir de nouveaux modèles de développement territorial et guider les politiques publiques dans une perspective durable, viable et sécuritaire ainsi que le développement d'interventions éducatives auprès des organismes concernés. Finalement, le réseau de recherche sur la gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques pourra inviter ses chercheurs à penser l'aménagement du territoire au-delà de la connaissance du risque et de sa cartographie en répondant à des questions telles que :

  • Pourquoi construit-on encore en zone inondable?
  • Comment repenser l'aménagement du territoire dans un contexte déjà construit afin de développer des collectivités résilientes?
  • Les évènements de 2017 sont-ils une « opportunité » pour mieux reconstruire?
  • Quelle(s) forme(s) doi(ven)t prendre cette meilleure planification considérant les enjeux sociaux et économiques qu'impliquent certaines mesures (délocalisation, renaturalisation, construction sur de nouveaux territoires, etc.), le tout dans un contexte de changements climatiques?
     
  • Enjeux économiques et sociaux

Le phénomène des inondations doit être interrogé au prisme des enjeux économiques, tant du point de vue de ses impacts que des bénéfices économiques générés par une meilleure gouvernance et adaptation. Il sera important de mesurer les coûts que fait porter ce genre de crise sur la société dans le but de prioriser les activités de prévention et d'analyser notamment la question de l'arrimage des indemnisations par les régimes d'assurances à l'évolution du risque lié aux changements climatiques. Puisque la fréquence des inondations est amenée à augmenter en raison des impacts des changements climatiques, les avenues en direction de l'écofiscalité et de l'investissement durable s'imposent afin de mieux encadrer, entre autres, les entreprises qui contribuent aux émissions de gaz à effet de serre (GES).

Les enjeux sociaux liés aux risques d'inondations sont multiples. Outre les enjeux de santé publique liés aux impacts psychosociaux abordés plus loin, les sciences sociales doivent être mises à profit à divers égards dans la recherche sur la résilience face aux risques d'inondation. La question citoyenne est également centrale. Au-delà de la compréhension des comportements des citoyens en cas d'urgence, les actions quotidiennes de ceux-ci ont une incidence sur la vulnérabilité du territoire. Pourtant, ce rôle semble encore incertain pour la population québécoise que ce soit en prévention ou en gestion de crise. En ce sens, il pourrait être intéressant de se questionner sur la culture du risque d'inondation au Québec et les facteurs influençant les comportements à risques (construction en zone inondable allant jusqu'au refus de quitter leurs demeures en situation d'urgence). Mieux connaître la perception des risques de la population apparaît aussi crucial parce que si cette connaissance est erronée et limite, des actions devront être menées pour rétablir l'écart entre les perceptions et le risque réel. Par ailleurs, les voix citoyennes influencent la prise de décision menant parfois à des décisions allant à l'encontre du développement de territoires résilients. Comment, dans ce contexte, sensibiliser les citoyens à adopter des comportements résilients et à collaborer avec les décideurs dans la mise en œuvre de solutions d'atténuation des risques?

  • Impacts psychosociaux et santé des populations

Sur le plan de la santé des populations, il reste beaucoup à découvrir et à documenter en ce qui a trait à court, moyen et long termes par rapport : 1) aux impacts psycho-sociaux des inondations comme les dépressions ou l'anxiété (les projets, ici, peuvent par exemple viser l'identification de l'adaptation aux inondations auprès des communautés frappées, le développement d'interventions éducatives favorisant leur adaptation); 2) aux impacts sur le plan communautaire (on pense, par exemple, aux perceptions et fractures sociales entrainées par une inondation au sein d'une communauté dont tous les membres ne sont pas frappés de la même manière par la catastrophe et n'en vivent pas les mêmes effets).

Les impacts psychosociaux durant une situation de crise lors d'inondations mériteraient également d'être étudiés, notamment les comportements agressifs et colériques en situation d'urgence. Comment outiller les employés municipaux à gérer les citoyens en situation de crise alors que les événements requièrent des prises de décision rapides pour assurer la sécurité de la population? Finalement l'impact sanitaire des inondations mérite d'être plus étudié avec notamment l'effet sur la santé des moisissures dues aux inondations ou encore l'efficacité des recommandations sanitaires auprès des populations à risque pour leur approvisionnement en eau potable en situation de crise et à plus long terme.

5. Description et nature de l'aide financière
 

L'aide financière consiste en une subvention annuelle de fonctionnement de 500 000 $ pendant trois ans avec la possibilité de renouvellement. Elle vise à couvrir des activités de concertation, de réseautage, d'animation, de veille et d'analyses stratégiques et de transfert de connaissances. La subvention couvre également des montants pour la réalisation de projets intersectoriels et des bourses pour les étudiants. À cet égard, les montants réservés au financement de projets et de bourses pour les étudiants devront représenter au minimum 60 % des sommes octroyées au réseau de recherche sur la gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques. Tous les postes budgétaires prévus par les RGC sont admissibles.

6. Conditions d'admissibilité
 

Admissibilité du responsable :

La personne responsable de la demande doit répondre à l'un des statuts suivants décrits dans les RGC:

  • chercheur ou chercheuse universitaire;
  • chercheur clinicien ou chercheuse clinicienne universitaire;
  • chercheur ou chercheuse de collège.

Elle doit aussi satisfaire à toutes les conditions d'admissibilité énoncées dans les RGC.

Composition de l'équipe :

L'équipe du réseau de recherche sur la gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques doit être composée d'au moins douze (12) chercheurs d'universités et/ou de collèges :

  • représentant nécessairement les trois grands secteurs de recherche couverts par les FRQ;
  • provenant d'au moins cinq (5) établissements différents.

Appui du milieu :

Le réseau de recherche sur la gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques doit faire la preuve de partenariats établis avec les communautés affectées par les inondations, des entreprises ou des instances gouvernementales.

7. Dates importantes à retenir

  • Annonce de l'appel à propositions : 1er mai 2018
  • Mise en ligne de l'appel à propositions : 17 mai 2018
  • Ouverture du formulaire : début juin 2018
  • Date limite pour la soumission de la demande : 31 juillet 2018
  • Tenue du comité d'évaluation : début septembre 2018
  • Annonce : mi-septembre 2018

8.  Présentation de la demande
 

Le candidat ou la candidate responsable de la demande doit compléter le dossier de candidature de la manière suivante :

  • Formulaire disponible dans le portefolio électronique du chercheur ou de la chercheuse au début juin 2018.
  • Document de dix (10) pages maximum présentant le réseau à la lumière des critères d'évaluation (voir plus loin).
  • Une annexe de cinq (5) pages maximum pour présenter des figures ou des tableaux.
  • Un document de cinq (5) pages maximum pour justifier les dépenses.
  • CV de tous les membres de l'équipe. Selon les statuts des membres, les formats attendus sont les suivants :
    • CV commun canadien pour le ou la responsable de la demande (candidat(e) principal(e) affilié(e) à l'établissement gestionnaire de l'octroi),
    • CV abrégé au format .PDF d'un maximum de deux (2) pages pour les autres membres de l'équipe répondant aux statuts suivants : chercheur ou chercheuse universitaire; chercheur clinicien ou chercheuse clinicienne universitaire; chercheur ou chercheuse de collège; autre chercheur ou chercheuse, intervenant ou intervenante. Celui-ci doit résumer, en lien avec le réseau et dans cet ordre : leur formation académique et/ou professionnelle; leurs expertises et expériences pertinentes, en lien avec le réseau; leurs réalisations scientifiques, leur leadership ou autres, en lien avec le réseau.
  • Lettre d'appui de cinq (5) établissements pour répondre à la condition d'admissibilité sur le nombre d'établissements d'où sont issus les chercheurs de l'équipe.
  • Lettre d'appui de partenaires qui décrivent comment ils contribueront aux activités du réseau et comment ils bénéficieront des résultats de ces activités.

La date limite de transmission du formulaire de demande d'aide financière est le 31 juillet 2018 à 16 h.

9.  Évaluation
 

Comité d'évaluation

À la réception des propositions, les FRQ en évaluent l'admissibilité et en confient l'évaluation scientifique à un comité hors Québec dont les membres sont reconnus pour leurs compétences, leurs expertises et leurs réalisations en lien avec les objectifs de l'appel. Les FRQ veilleront à ce que le comité d'évaluation scientifique soit constitué d'experts issus des trois secteurs. Les membres du comité procèdent à l'analyse des propositions selon les critères d'évaluation décrits ci-après.

Critères d'évaluation

  • Conformité aux objectifs de cette initiative décrits dans le présent appel à propositions;
  • Qualité de leadership scientifique démontrée par le responsable de la demande et chacun des co-chercheurs ou co-chercheuses;
  • Caractère interétablissement et intersectoriel du réseau (Nature et technologies, Santé, Société et culture);
  • Pertinence et spécificité du réseau par rapport à d'autres groupes existants;
  • Portée de la stratégie de recherche déployée, incluant la pertinence des approches et méthodes de recherche mises à contribution pour atteindre les objectifs poursuivis;
  • Activités d'encadrement et de formation de la relève;
  • Degré d'implication du (des) milieu(x) partenaire(s) et pertinence des modalités de collaboration mises en place;
  • Ampleur et qualité des activités de mobilisation des connaissances auprès des communautés affectées par les inondations ainsi que les milieux de pratique et décisionnel;
  • Qualité du modèle de gouvernance;
  • Potentiel de rayonnement international.

10.  Annonce des résultats
 

L'attribution de la subvention est annoncée à la mi-septembre 2018. La décision des FRQ est transmise par la Direction – Défis de société et maillages intersectoriels à l'établissement de rattachement au responsable concerné.

Pour les conditions liées à l'annonce des octrois, se référer à la section 5 des RGC .

11. Suivis et reddition de comptes
 

Conformément aux RGC, la personne titulaire d'une subvention obtenue dans le cadre de cet appel à propositions doit soumettre un rapport final dont le format sera communiqué en temps utile au responsable du réseau financé. Par ailleurs, dans le but de mettre en valeur les retombées des projets financés dans le cadre de ce réseau, les chercheurs ou les chercheuses seront invité(e)s à participer à des évènements de type forums, colloques, activités de suivi ou de transfert, etc.

12. Entrée en vigueur
 

Les présentes règles s'appliquent à l'exercice financier 2018-2019.

 

Pour information :

Denise Pérusse
Directrice aux défis de société et aux maillages intersectoriels
Bureau du scientifique en chef du Québec
Fonds de recherche du Québec
140, Grande Allée Est, bureau 450
Québec (Québec)  G1R 5M8
Téléphone : (418) 643-8560, poste 3120

Sophie Gauthier-Clerc
Chargée de programmes
Direction des défis de société et des maillages intersectoriels
Bureau du scientifique en chef du Québec
Fonds de recherche du Québec
140, Grande-Allée Est, bureau 470
Québec (Québec)  G1R 5M8
Téléphone : (418) 643-7582 poste 3255